French kiss & chocolatines

Dans la cour des grands

Je l’ai déjà dit, j’ai atterri au pays du Baseball. C’est aussi pour ça que je suis venu.

Donc depuis le 20 Septembre, date de mon arrivée ici, j’ai réussi à arbitrer quelques matchs.  L’occasion de montrer à nos amis Yankees (peut-on encore les appeler comme ça quand on est sur la côte Ouest à 15 kilomètres du Mexique…?) ce qu’un petit Français venu de nulle part sait faire sur un terrain de Baseball. 

Mais avant tout, faut que je vous raconte une anecdote trop drôle.

D’habitude, j’annonce toujours la couleur aux coachs : j’explique d’emblée que je suis français, pour essayer d’anticiper tout problème de communication. Bien sûr, je vous passe les « oooh… really? », les « wow… amazing! » et les…. « where did you say it was ?! ». Mais ce matin-là, j’ignore pourquoi, je n’ai rien dit. Je me suis contenté de dire, au milieu de la 2ème manche, que je n’étais pas Américain. Ce qui apparaissait déjà comme une bizarrerie.

Fin de 2ème manche, le coach de l’équipe locale veut savoir d’où je viens. « You will have to guess », je lui lance. Une manche plus tard, les coaches des deux équipes jouaient aux devinettes. J’ai eu droit à tout. Et il faut l’avouer, à tout et à n’importe quoi : de la Nouvelle-Zélande, au Pays de Galle, en passant par l’Écosse, l’Angleterre, la Pologne, l’Israël et l’Ukraine (un combo des pays en guerre…), l’Allemagne et le Portugal… Et j’en passe sans doute.

La blague a duré jusqu’à la fin du match, où j’ai fini par lâcher fièrement « from France ! ». A la surprise générale. C’était drôle.

Mais je referme cette parenthèse et j’en viens aux faits.

J’ai donc arbitré quelques matchs de Little League (après tout, si je suis à San Diego, c’est bien grâce à la Little League, non ?! Je peux bien leur donner un peu de mon temps !) et aussi quelques matchs de ce qu’ils appellent ici « Travel Ball ».

Il y a toujours besoin de volontaires bénévoles pour officier sur ces rencontres. Je m’y colle donc avec plaisir. Ça m’a permis de revoir mon ami Bill, rencontré à Easley, S.C. lors des World Series, mais également d’arbitrer deux rencontres avec Laura. Un vrai plaisir !

Mais si je traîne sur les terrains, c’est pour une simple et bonne raison : montrer ma tête aux désignateurs de la League, la San Diego County Baseball Umpires Association, histoire qu’ils comprennent bien que je suis là et qu’ils m’inscrivent dans leurs tablettes le moment venu.

Et j’avoue, comme souvent d’ailleurs, être plutôt chanceux de ce côté-là. Depuis 10 jours, je fais des apparitions régulières sur le terrain des équipes universitaires de San Diego : les « Aztecs » de San Diego State University (SDSU) et les « Toreros » de la University of San Diego (USD). Ces 2 équipes évoluent en Division 1 de NCAA, le très relevé championnat universitaire.

Mais attention, on ne s’enflamme pas !! C’est pas le championnat ! Il s’agit de « scrimmage games », des matchs amicaux intersquad, pour l’instant en 3 ou 6 manches, pas plus. C’est sur la base du volontariat, personne n’est payé pour ces matchs-là et c’est sans doute pour ça qu’il y a toujours des spots de libres. Et moi, ça m’arrange !

Je suis déjà allé 3 fois à SDSU et 1 fois à USD. Et là, vraiment, c’est une autre dimension. La cour des grands, à 20 minutes de la maison ! Les stades sont juste magnifiques, particulièrement celui de USD.

Cunningham Field – USD – University of San Diego

A part les terrains… pardon « les complexes sportifs » (des installations de malades : piscine, terrain de foot en synthétique, terrain de Softball taillé pour la NCAA, terrains de tennis, salles de réunion, bureaux des coachs… tout est parfait, pas un brin d’herbe qui dépasse !), plusieurs aspects du jeu universitaire m’ont marqué :

  • les conseils des coachs : on n’est plus dans la technique ou beaucoup moins, tous les joueurs savent jouer, on est dans une approche mentale du jeu.
  • la vitesse de jeu : en tant qu’arbitre, tu peux pas te permettre de perdre la balle des yeux… sinon y’a moyen de mourir au milieu du carré… les relais des catcheurs sont, en particulier, assez impressionnants.
  • les battes en alu : hé oui !! regarder la NCAA à la télé, c’est bien joli… mais se retrouver à 25 ou 30 mètres de grands gaillards de 20 ans armés de battes en alu, c’est pas pareil ! Pas plus tard que vendredi, j’ai vu venir vers moi deux énormes line-drives (une en position deep-C, l’autre en position A, pour les puristes), et j’ai dû jouer les Keanu Reeves dans « Matrix » pour ne pas me la prendre en pleine tête ! Impressionnant !

Vendredi 27 Octobre, j’y retourne pour y faire ma première apparition à la plaque. Je vais mettre deux caleçons, au cas où… ! Je vous raconterai tout ça. Ou pas !

Pour finir, quelques photos du « Tony Gwynn Stadium » home of the Aztecs de SDSU !

To be continued… ou pas.